Brigitte Engerer, Directrice Artistique

Edito de Brigitte Enger :

J’aime tellement le piano que j’essaie de lui épargner une trop pesante solitude.
C’est pourquoi j’ai voulu lui faire rencontrer notamment le violon, le violoncelle, un autre piano ou l’orgue.
Derrière ces instruments, il y a de grands artistes qui sont aussi des amis.
Car il faut se sentir proches pour que la musique creuse le ciel, comme le rêvait Baudelaire.

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Brigitte, résumez-nous votre parcours.
Je suis née en Tunisie où j’ai commencé mes études ; elles se sont poursuivies au Conservatoire national supérieur de musique de Paris dès l’âge de 9 ans.
Terminées à 15 ans, elles m’ont amenée à souhaiter vouloir me perfectionner en Russie, au Conservatoire de Moscou avec le Maître Stanislas Neuhaus.

Pourquoi avez-vous accepté la mission de Directrice Artistique de Pianoscope ?
C’est passionnant de définir des programmes que l’on ne joue pas soi-même mais que l’on a envie d’entendre interprétés par tel ou tel artiste, par des amis, des personnalités que j’admire. J’ai toujours admiré le talent des autres à l’écoute de pièces non habituellement inscrites à mon répertoire.
Cette année par exemple, Michel Béroff abordera des oeuvres de Messiaen que j’adore mais que je ne joue pas. Ce programme, construit autour du thème des cantiques d’amour, révèle cette intention de proposer des pièces que je serai heureuse d’écouter, en espérant partager ce plaisir avec le public.
De même avec Anne Queffélec et son programme sur l’eau. C’est quelque chose que je ne fais pas ; ce sera merveilleux de l’entendre interprété par elle.

Quelles ont été les raisons expliquant votre programmation 2007 ?
Une fois encore, les raisons ayant fondé la définition de ma programmation sont en rapport avec des oeuvres que j’apprécie tout particulièrement et avec les artistes qui excellent dans leur exécution.
Ce sera le cas avec Boris Berezovsky interprétant Chopin, ou avec Nicholas Angelich jouant Beethoven.

Selon vous, qu’est-ce qui différencie Pianoscope d’un autre festival ?
Il n’y avait pas de festival exclusivement consacré au piano à proximité de notre région. Aujourd’hui, Pianoscope représente cet événement.

En tant que pianiste, quels sont les compositeurs et les oeuvres que vous préférez interpréter ?
Cela bouge avec les années. Mais j’apprécie tout particulièrement Tchaïkowski, Schubert, Schumann, Chopin. C’est un univers romantique où les sentiments restent primordiaux.

Pouvez-vous nous dire ce qu’est une master class et quels en sont les enjeux ?
Une master class est un cours qu’un maître donne à un jeune artiste en essayant de lui transmettre son savoir et son expérience.
Une master class étant ouverte au public, le jeune artiste doit tenter de comprendre ce que lui dit le maître tout en acceptant de jouer devant un auditoire, ce qui n’est pas facile.
Si cet exercice est délicat pour l’élève, de même, le maître doit réussir à faire aborder l’interprétation des oeuvres de manière approfondie tout en réussissant à se faire comprendre du public présent. C’est une double exigence de clarté.

Pour finir, quels sont vos projets pour les prochaines éditions du festival ?
J’aimerais continuer à creuser les dialogues entre différentes formes d’art, par exemple en associant peut-être un jour au piano la danse ou le théâtre.
Je souhaiterais également avoir la possibilité de programmer un nombre supérieur de concerts pour continuer à convier des artistes reconnus mais aussi, pour inviter de jeunes talents à découvrir.

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