Schubertiade : Concert d’ouverture
vendredi 5 octobre 2007 – 20h30 – Théâtre du Beauvaisis
disques dans les médiathèques |
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SCHUBERT :
- Sonate en ré majeur pour violon et piano opus posthume 137 n°1, D. 384
- Sonate en la mineur pour violon et piano opus posthume 137 n°2, D. 385
- Sonate pour piano et violoncelle, « Arpeggione », D. 821
SCHUBERT-LISZT- DRILLON
- 3 Lieder pour piano et alto (Der Atlas, Standchen, Tauben Post)
SCHUBERT-LISZT :
- 3 pièces pour piano solo
SCHUBERT :
- Quintette pour piano et cordes, La Truite, opus 114 D. 667
Qu’est-ce qu’une Schubertiade ?
Les conditions politiques et sociales qui déchirent l’Autriche au début du 19ème siècle expliquent pour beaucoup la formation, à l’époque de Schubert, de petits groupes multiples plus ou moins clandestins, et qui communiquent entre eux de manière intermittente permettant à leurs membres de résister à la suffocation ambiante. Ces petits groupes chaleureux deviennent vite le lieu de la vraie vie en marge de la vie réelle. Parmi eux, le cercle des Schubertiades.
Dans ce groupe des Schubertiades, le musicien n’est pas le cerveau de la communauté amicale, il en est moins encore le simple amuseur comme le voulut la légende lénifiante, il en est le véritable coeur ; c’est pourquoi le groupe tire spontanément son nom de celui du compositeur.
Il faut comprendre qu’à l’époque où vit Schubert, la création de sociétés privées, de concerts, et les cercles littéraires ou amicaux, correspondent à une nécessité vitale et psychologique de chaleur humaine et de survie intellectuelle ; c’est le sens de ces réunions qui va peu à peu engendrer les Schubertiades.
L’existence de ces petits groupes occupe donc une place importante dans la vie de Schubert. Il s’agit là d’un cas tout à fait unique dans l’histoire de la musique, celui d’une liaison étroite entre l’amitié, le cercle des amis et la création d’un génie individuel.
La naissance et la progression des Schubertiades n’auraient évidemment pas été possibles si elles n’avaient correspondu à un besoin essentiel de la psychologie schubertienne : besoin primordial de la communion dans le NOUS, lié à un sentiment profond et nostalgique du Paradis Perdu, entraînant en conséquence une réelle difficulté à exister, à affirmer le JE.
La première fois qu’apparaît sous la plume d’un intime de Schubert le terme de Schubertiade, c’est dans une lettre de Schober à Spaun datée du 14 novembre 1821. Mais ce terme circulait depuis un certain temps déjà dans le milieu proche du compositeur.
Les Schubertiades sont devenues, depuis l’an 1821, une véritable institution… Et les Schubertiades chaleureuses rythment désormais la vie de chacun des amis du » groupe à Schubert « .
Extrait de La vie de Schubert, de Paul Landormy,
Livre publié en 1928 chez Gallimard à l’occasion du centenaire de la mort du compositeur.
Liens :
http://jeanmarc.geidel.free.fr/schubertziade.htm
http://www.musicologie.org/Biographies/schubert.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Franz_Schubert
L’arpeggione, appelée aussi guitare-violoncelle ou guitare d’amour
Accordé Mi La Ré Sol Si Mi, dont le manche comporte 22 frettes, cet instrument a été inventé par le luthier autrichien Johann Georg Staufer en 1823, en tant que déclinaison d’une guitare, mais se jouant avec un archet.
Il n’a eu que très peu de succès, sa tenue étant particulièrement malcommode et la présence de 6 cordes rendant un jeu à l’archet délicat. Il semble n’avoir été utilisé qu’une dizaine d’années, la seule œuvre remarquable composée pour lui étant la Sonate Arpeggione de Franz Schubert jouée de nos jours avec un violoncelle ou un violon alto, et parfois avec une contrebasse. Les transcriptions pour ces instruments sont naturellement très postérieures à l’édition originale et essayent de résoudre le problème d’une étendue moindre par rapport à l’arpeggione ainsi que celui des modifications d’articulation (4 cordes au lieu de 6).
Quelques « Arpeggione » existent encore, fabriquées par Staufer, ainsi que par d’autres luthiers d’Europe centrale tels Anton Mitteis à Leitmeritz en Autriche et Tomasz Pasamonski en Pologne (voir en particulier au musée de Leipzig).
Ce n’est qu’au moment de la parution tardive de la sonate de Schubert en 1871 que l’éditeur a mis en avant le mot Arpeggione, nom donné par le compositeur à son oeuvre, pour désigner l’instrument qui avait alors disparu depuis longtemps. Schubert avait composé la sonate pour un guitariste amateur de sa connaissance nommé Vincenz Schuster qui s’est passionné pour cette guitare-violoncelle au point de lui écrire la seule méthode existante (« Aleitung zur Erlernung des von G. Staufer neuerfundenen Guitarre-Violoncells », Vienna, 1823). On peut imaginer les rencontres amicales entre le luthier, le guitariste et le compositeur, en cette année 1823 où Schubert résidait dans la demeure de sa famille à Vienne.
L’oeuvre de Franz Schubert expérimente les possibilités d’expression et de virtuosité de cet » arpeggione « , selon le terme propre à Schubert, tout en charmant par le lyrisme et la vivacité de l’allegro moderato, la ligne si vocale de l’adagio et la clarté du rondo final (allegretto), où voisinent humour et inspiration populaire.
Le manuscrit (Bibliothèque nationale de France, Département de la Musique
Ms. 304) est daté » Nov. 1824 » et signé d’une écriture rapide, peu raturée. Il fut édité en 1871, accompagné de transcriptions pour violoncelle et violon, l’arpeggione étant alors oubliée.
Liens :
http://gallica.bnf.fr/anthologie/notices/01175.htm
http://www.ebl-laborie.com/pages/labo/cons_instru/arpeggione.html
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