Archives de septembre, 2008

Surprises party !

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Robert et Clara : Schumann intimes

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Chopin, l’homme-piano

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Place aux jeunes !

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Une nuit Bach

Une nuit Bach



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Une nuit à deux, c’est commun, une nuit à deux avec Bach, cela l’est déjà moins, mais quand tout semble séparer les protagonistes, cela devient rare. Il y a en effet tout un monde entre les pianistes David Fray et Zhu Xiao-Mei. Mais Bach est leur langage commun, comme un trait d’union entre l’Orient et l’Occident.

david_fray_1©sasha gusov_virgin_classicsLe tout jeune David Fray, dont la carrière commence à toute allure, comme un enfant bénit des dieux, est né à Tarbes en 1981. Il fait ses études au Conservatoire supérieur de musique de Paris dans la classe de Jacques Rouvier, et en musique de chambre dans la classe de Christian Ivaldi et Claire Désert. Il y obtient en 2002 son diplôme de formation supérieure. Il bénéficiera en outre des conseils de maîtres tels que Dimitri Bashkirov, Menahem Pressler et Paul Badura-Skoda.

Alors qu’il obtient le deuxième grand prix au concours de Montréal, la firme canadienne Atma lui propose d’enregistrer un disque Schubert-Liszt aussitôt remarqué par la critique et le public. Son deuxième disque consacré à Bach et à Boulez, deux compositeurs que tout semble opposer et qu’il a l’audace de rapprocher, fait sensation. A cette occasion, il reçoit les conseils de Pierre Boulez qui le parrainera plus tard en Allemagne pour le prix des jeunes talents du « Klavier Festival Ruhr ».

Dès lors, il commence à jouer avec les plus grands chefs d’orchestre, Christoph Eschenbach, Kurt Masur, John Axelrod, Riccardo Muti, dont, pour la petite histoire, il vient d’épouser la fille Chiara.

De Bach à la Seconde Ecole de Vienne, le répertoire germanique est celui auquel David Fray affirme vouloir consacrer sa vie de musicien.

Pour le moment, Bach, au programme de sa nuit, est son compositeur fétiche, celui dont il creuse les œuvres sans cesse.

Méditation spirituelle, le Vingt-quatrième Prélude et fugue en si mineur de Bach conclut en une apothéose grandiose le Premier livre du Clavier bien tempéré. Puis David Fray enchaîne avec la Sixième Partita en mi mineur, dernière d’une série de suites instrumentales pour clavecin que Bach a baptisées partita, et qui comporte chacune six à sept mouvements, dont quatre danses (allemande, courante, sarabande, gigue).

Enfin, il termine par la transcription par Busoni du Choral de Bach Allein Gott in der Höh’sei ehr, une pièce majestueuse.

zhu_xiao-mei©julien_mignotZhu Xiao-Mei succède à David Fray pour la seconde partie de la nuit Bach., Chinoise, Zhu Xiao-Mei a vécu l’épouvante de la révolution culturelle. Elevée dans une famille bourgeoise, elle a grandi dans le goût de la civilisation occidentale. Chez elle, il y a un piano sur lequel elle s’exerce, tant et si bien qu’elle est admise au Conservatoire de Pékin en 1960. Mais en 1964, la Chine bascule dans la folie. La musique occidentale est interdite, et au Conservatoire, l’étude du petit livre rouge remplace celle des partitions…

Travail forcé aux champs puis cinq ans de rééducation dans un camp, c’est le prix qu’elle paie pour aimer Beethoven et Bach…

En 1980, elle part aux Etats-Unis où elle travaille comme serveuse de restaurant. Mais la musique ne la quitte pas : elle reprend le piano à zéro grâce à l’aide du grand Rudolf Serkin, à l’université de Marlboro.

Aujourd’hui elle vit à Paris où elle enseigne au Conservatoire supérieur de musique. Cette histoire singulière, elle la raconte dans son autobiographie La Rivière et son secret (Robert Laffont).

C’est dans la figure du Cantor de Leipzig et dans les Variations Goldberg que Zhu Xiao-Mei a puisé le courage de lutter pour survivre. Bach qui est pour elle « la réincarnation d’un grand sage chinois. » Cette oeuvre qu’elle a enregistrée et qui vient d’être rééditée (Mirare) ont été publiées en 1742. Elles doivent leur nom aux insomnies du Comte von Keyserling, l’ambassadeur de Russie auprès de la cour de Saxe… Afin de combler ses nuits sans sommeil, il commanda à Bach des pièces pour clavecin que le claveciniste Johann Gottlieb Goldberg jouait dans la chambre contiguë à la sienne. C’est ainsi qu’est né un des sommets de l’art occidental ! Si le titre exact que lui avait donné Bach est « Aria avec quelques variations pour clavecin à deux claviers », rien n’interdit aux pianistes de s’approprier cette oeuvre. Une œuvre salvatrice qui a apporté la sérénité à Keyserling et qui a insufflé à Zhu Xiao-Mei la force de la vie.

Nathalie Krafft

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Nuit Vénitienne

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L’espagne en fusion

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ana_yerno

L’une, Ana Yerno, vient de Grenade et réinvente à sa façon le flamenco. Depuis qu’Ana a débuté la scène dans un cabaret mythique, le Sacromonte, elle se produit un peu partout dans le monde. Sa danse est l’expression de multiples horizons : ses origines qui vont du Caire à Prague, de l’Andalousie au sud de la France, en font l’héritière de plusieurs cultures. Seul un art violent et passionné pouvait les réunir et les dompter. Pour elle, le flamenco est un point de départ, la référence rythmique à partir de laquelle elle va créer son mouvement, son expression, sa danse. Avec une touche de sensualité et une pincée d’humour. Sa danse est fière, altière et son rythme infernal sait laisser la place à l’émotion de son corps, devenu instrument de musique.

Égérie de Christian Lacroix ou Narcisso Rodriguez pour Loewe, elle a adopté le pantalon noir comme tenue de scène pour une absolue liberté de mouvement. « Le rythme est mon langage. Mes sons et mes sens sont mon expression, confie-t-elle. Mes pieds, mes tambours, mes boleadoras, mes éventails composent la palette artistique de mes paysages, de mon univers. Ils me permettent de voyager, de m’exprimer”.

g_de_chassy©pierre_leboucL’autre, Guillaume de Chassy, pianiste, réinvente à sa façon le jazz et le classique pour en faire sa musique. Ex-ingénieur chimiste élevé à l’écoute de Schubert et de Louis Armstrong, improvisateur autodidacte, pétri tout autant de Thelonious Monk que de Serge Prokofiev, épris des chansons de Charles Trenet comme de celles de Cole Porter, Guillaume de Chassy s’est forgé une identité musicale singulière, qui échappe aux classifications. Sobriété dans l’expression et profondeur du son, révérence à la mélodie et raffinement harmonique sont ses points cardinaux, les clés d’un univers unique et poétique.
Musicien sans frontières, il a également collaboré avec le chef de choeur Joël Suhubiette (pour lequel il a écrit une cantate jazz), Brigitte Engerer, le pianiste et compositeur Thierry Huillet, le vidéaste Antoine Carlier et Ana Yerno.

Sublime, sensuelle et brûlante, Ana Yerno danse sur la musique de Guillaume de Chassy, qui, poète, inventif et virtuose, joue lui-même au rythme de la flamenca.

Leur duo est bien plus que l’addition de deux tempéraments artistiques puissants, c’est une fusion qui donne naissance à une troisième personne, « eux ». Eux, un univers envoûtant.

Nathalie Krafft

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Contrées imaginaires

Contrées imaginaires



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La passion est le fil rouge de leur programme.

La Suite n°1 « Fantaisie-tableaux » de Rachmaninov (1873-1943) a été écrite par un jeune homme de 20 ans. Ses quatre parties illustrent chacune un extrait de poèmes de Lermontov, Byron, Tioutchev et Khomiatov où s’épanche le romantisme le plus débridé. Puis vient la Rapsodie espagnole de Ravel (1875-1937) dans sa version pour deux pianos (1907), une fête des sens, un festival de danses (malaguena, habanera), et de rythmes où les deux pianistes vont faire éclater leur maestria. A cet éblouissement de lumières, succède la Suite n°2 de Rachmaninov, écrite en Italie en 1901 et contemporaine du fameux Concerto n°2. Cette page intervient après un long silence du compositeur meurtri par l’échec de sa Première symphonie. Sur ses quatre mouvements, deux sont des danses (valse et tarentelle) qui impriment leur caractère plein d’ardeur.
Une Russie brûlante comme l’Espagne de Ravel, à la mesure de la démesure des deux pianistes.

Nathalie Krafft

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Chaudes Caraïbes

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Dames de c(h)oeur

Dames de c(h)oeur



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Laurence EquilbeyLaurence Equilbey qui a métamorphosé la pratique chorale professionnelle en France en lui donnant une impulsion internationale. Formée à Paris, Vienne et Stockholm, elle a étudié avec le chef suédois Eric Ericson puis a fondé en 1991 le Choeur Accentus. Sous sa direction, cet ensemble est rapidement salué par le public et la critique.

Parallèlement, elle crée en 1995 le Jeune Choeur de Paris destiné à la formation de futurs chanteurs professionnels et en 2002, le premier Centre de formation pour jeunes chanteurs, département du Conservatoire de Paris.

Brigitte Engerer, née en Tunisie, a étudié au Conservatoire de Paris avant de décider, à 17 ans, de partir à Moscou étudier au Conservatoire Tchaïkovski auprès du maître Stanislas Neuhaus. Elle y restera neuf ans. Puis Karajan la choisit pour participer aux festivités du centenaire de l’Orchestre Philharmonique de Berlin. Commence alors une immense carrière, qui l’amène à jouer avec les plus grands chefs et les plus grands orchestres, tout en enregistrant de nombreux disques.

Parmi les plus récents, citons Hymne à la nuit dédié à Schubert, Souvenirs d’enfance consacré à la musique russe, L’Invitation au Voyage avec le violoncelliste Henri Demarquette, un album Rachmaninov avec Boris Berezovski, Via Crucis de Franz Liszt avec Laurence Equilbey…

Ces deux musiciennes exceptionnelles explorent ensemble depuis quelques années le répertoire de la musique pour chœurs et piano, riche de trésors méconnus. Des trésors comme le Requiem allemand de Brahms, du Stabat Mater de Dvorak, de Via Crucis de Liszt.

Pour cette soirée qui marque le début des festivités « pianoscopiques », elles ont choisi cette fois-ci d’interpréter des transcriptions pour chœur et piano.

A tout seigneur, tout honneur, elles commencent avec Jean-Sébastien Bach dont elles proposent des transcriptions faites par le compositeur allemand Peter Cornelius (1824-1874) de trois œuvres majeures pour clavecin, la Suite française n°1 (Sarabande), la Suite anglaise n°3 (Sarabande), la Partita n°1 (Menuet II) suivies par une transcription de Busoni pour piano seul d’un Prélude.

Nous restons dans le sillon de Bach avec les variations Weinen, klagen, sorgen, zagen de Liszt, dont le thème provient d’une cantate de Bach et que le jeune compositeur français Franck Krawczyk a transcrites à son tour pour choeur et piano. Puis c’est Nuages gris de Liszt, revu par le même Krawczyk. Liszt, qui a transcrit des pièces de Schubert, nous mène à ce compositeur dont nous entendons des lieder qui quittent le rivage intime de la seule voix et du piano pour de plus amples effectifs.
En seconde partie, Laurence Equilbey et Brigitte Engerer nous feront entendre la musique de Wagner revisitée par le compositeur français Gérard Pesson (Siegfried Idyll), par Liszt (un air de Tannhäuser pour piano seul), et par Liszt et Franck Krawczyk (le Chœur des Pèlerins dans Tannhäuser).

Nourries par l’inspiration d’autres musiciens, l’ensemble de ces œuvres revêtent de nouveaux visages, tout aussi séduisants. Surtout interprétées par de telles artistes.

Nathalie Krafft


Liens :
Site du choeur Accentus
Vidéos du choeur Accentus
Entretien de Laurence Equilbey (Médiathèque de la Cité de la musique)
Interview de Laurence Equilbey par Nathalie Krafft le 4 octobre 2008

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