Contrées imaginaires
Vendredi 10 octobre 2008
Théâtre du Beauvaisis, 20h30
Boris Berezovsky, piano : Documents disponibles au sein des Médiathèques
Brigitte Engerer, piano : Documents disponibles au sein des Médiathèques
Entre Brigitte Engerer et Boris Berezovski ne pouvait que jaillir une étincelle, celle qui lie à jamais deux êtres habités par une certaine forme de nostalgie. L’amitié a fait le reste. A quatre mains, à deux pianos, ils sont l’envers et l’endroit de la même médaille, comme un couple qui se connaît tellement que l’un finit la phrase que l’autre a commencée. Et leur conversation à eux, c’est la musique, comme un ensorcellement.
Brigitte Engerer rêve en russe, même si elle est née sous le soleil de la Tunisie… C’est toute l’énigme de la pianiste qui, très jeune, est partie à Moscou recueillir l’enseignement des plus grands maîtres du Conservatoire.
Boris Berezovsky, lui, est né là-bas, en 1969, et c’est tout naturellement qu’il s’est retrouvé dans ce même conservatoire Tchaïkovski à Moscou. Il y a reçu l’enseignement de la pianiste Elisso Virssaladze et a remporté de multiples prix, dont la Médaille d’or au concours Tchaïkovski. Fort d’un impressionnant palmarès –il joue avec les plus grands orchestres et chefs- il incarne la vitalité de l’école russe de piano, par sa fascinante facilité et son éblouissante virtuosité qui s’accompagnent d’un puissant lyrisme. Aujourd’hui, il est devenu un familier de la France, qu’il aime et où il joue beaucoup.
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La passion est le fil rouge de leur programme.
La Suite n°1 « Fantaisie-tableaux » de Rachmaninov (1873-1943) a été écrite par un jeune homme de 20 ans. Ses quatre parties illustrent chacune un extrait de poèmes de Lermontov, Byron, Tioutchev et Khomiatov où s’épanche le romantisme le plus débridé. Puis vient la Rapsodie espagnole de Ravel (1875-1937) dans sa version pour deux pianos (1907), une fête des sens, un festival de danses (malaguena, habanera), et de rythmes où les deux pianistes vont faire éclater leur maestria. A cet éblouissement de lumières, succède la Suite n°2 de Rachmaninov, écrite en Italie en 1901 et contemporaine du fameux Concerto n°2. Cette page intervient après un long silence du compositeur meurtri par l’échec de sa Première symphonie. Sur ses quatre mouvements, deux sont des danses (valse et tarentelle) qui impriment leur caractère plein d’ardeur.
Une Russie brûlante comme l’Espagne de Ravel, à la mesure de la démesure des deux pianistes.
Nathalie Krafft
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