Nuit Vénitienne
Samedi 11 octobre 2008
Théâtre du Beauvaisis, 18h00
Jean-Claude Pennetier, piano : Documents disponibles au sein des Médiathèques
La lune scintille au miroir des canaux vénitiens dont les eaux sombres sont troublées par le passage des gondoles, hautes silhouettes noires dessinées au front des palais. Par les fenêtres grandes ouvertes pour échapper à la touffeur du soir, s’échappent des flots de musique qu’égrène un pianiste, le maître des lieux de cet univers enchanté…
Le pianiste se nomme Jean-Claude Pennetier. Organiste contrarié, il est devenu pianiste malgré lui (il était trop doué !) et pour notre plus grand bonheur. Mais longtemps il ne s’est pas arrêté aux seules notes du clavier : non tant parce que cela ne lui suffisait pas, mais parce que la musique, dans sa totalité, l’attirait. Il a beaucoup joué de la musique contemporaine, il a participé à l’aventure du théâtre musical, il a composé, il a été chef d’orchestre…Mais le piano le rattrapait toujours. Aujourd’hui, il l’occupe de nouveau tout entier, et il nous transporte dans ce voyage féerique à Venise.
L’eau et la nuit se conjuguent pour un programme fantasmagorique : les deux Nocturnes op. 27 de Chopin (1835), que Pennetier a choisis de jouer parmi la vingtaine écrite par le compositeur et qui font partie de ses chefs d’œuvre, font écho aux Deuxième et Troisième Nocturnes de Fauré. C’est la magie d’une nuit illuminée par la lune qui a inspiré le compositeur qui en écrivit treize.
Composition musicale évoquant le chant des gondoliers vénitiens, les barcarolles se répondent : la Barcarolle op.60 (1845-1846) de Chopin invite à entendre le Chant des gondoliers de Mendelssohn (1835, extrait du deuxième cahier des Romances sans paroles) ; la Cinquième Barcarolle op.66 de Fauré (il en a écrit treize, comme les Nocturnes, qui ont couvert toute sa carrière) appelle Lugubre Gondole de Liszt, composée à Venise pendant l’hiver 1882-1883, peu de mois avant la mort de Wagner.
Wagner et la mort d’Isolde transcrit par Liszt, qui conclut cette nuit vénitienne avec la complicité de Pennetier et de son art consommé des demi-teintes et des secrets susurrés.
Nathalie Krafft
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