Nuit d’Espagne
Apre et voluptueuse, ardente et fougueuse, la musique espagnole est une contrée étrangère où vont nous entraîner deux interprètes majeurs de ce répertoire, Luis Fernando Pérez et Jean-François Heisser.
Luis Fernando Perez, l’ambassadeur d’Espagne
Brillante étoile dans la constellation des pianistes d’aujourd’hui, le jeune madrilène Luis Fernando Pérez (il est né en 1977) est un magnifique ambassadeur de la musique de son pays : il a été l’élève de la célèbre Alicia de Larrocha disparue il y a tout juste un an, mais aussi de Dmitri Bashkirov et de Pierre-Laurent Aimard. Un parcours qui ne l’a pas écarté de ses racines, l’Espagne et Granados.
Enrique Granados (1867-1916), que Luis Fernando Perez joue ce soir, était lui-même un grand virtuose du piano. Pour son instrument, il avait notamment composé les « Danses espagnoles » et les « Goyescas », chef d’oeuvre de la littérature pianistique, dont Perez a choisi d’interpréter des extraits.
Mais avant de nous en révéler les chemins secrets, il nous emmène loin dans le passé à la découverte des sonates du « padre » Antonio Soler, catalan comme Granados, moine à l’Escurial au XVIIIeme siècle et précurseur génial des futurs compositeurs ibériques.
Jean-François Heisser, le « passeur »
En poursuivant son cours, la nuit s’enflamme en invitant la guitare, le flamenco, et l’un des chefs d’oeuvre de l’histoire de la littérature pour piano, au même titre que les « Goyescas » de Granados, « Iberia » d’Isaac Albeniz.
Sur scène, une immense voix du flamenco, Antonia Contreras, une légende de la guitare, Chaparro de Malaga, et Jean-François Heisser, pianiste majeur, chef d’orchestre accompli (il dirige l’Orchestre Poitou Charentes), et victime d’une passion : l’Espagne. Une passion qui le lui a bien rendu puisqu’il est devenu l’un des plus meilleurs interprètes du piano hispanique.
Composé entre 1906 et 1908, « Iberia » forme une sublime fresque constituée de « Douze impressions pour piano ». Grand maître de cette oeuvre, Jean-François Heisser poursuit la geste artistique d’Albeniz, l’Espagne magnifiée et révélée, en ponctuant le cours d’Iberia par les standards populaires joués à la guitare et chantés au flamenco. Un contrepoint qui permet de revisiter le monument « Iberia » à la lumière de ce qui l’a fait naître.
